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Qui sont les Vitiaz

Au début des années 20 en Estonie puis en France, au sein de la Section Russe de l'Y.M.C.A (Young Men Christian Association), un jeune pédagogue, officier de l'Armée Blanche du Nord du Général Youdenitch, : Nicolas Feodorovitch FEODOROFF créait les" VITIAZ".



"VITIAZ" littéralement "PREUX" était le nom historique donné aux chevaliers, aux héros et d'une manière plus générale aux grandes figures de l'Histoire de la Russie. Comme exemple nous pouvons citer saint Vladimir, saint Alexandre Nevsky, saint Dimitri Donskoy, Ivan Soussanine et beaucoup d’autres. Ils incarnaient les meilleures vertus morales et civiques et pouvaient être pris comme exemple pour l'éducation des jeunes générations.

Les besoins à l'époque d'un tel mouvement spécifiquement Russe et Orthodoxe, aux cotés des mouvements à caractère international : Scoutisme, Jeunesses Chrétiennes ... s'expliquaient par les espoirs que portait entre les deux guerres une large partie des émigrés russes en un proche changement de régime en Russie qui aurait permis le retour.

En 1934, toujours sous la conduite de Nicolas FEODOROFF les Vitiaz deviennent Association indépendante, fonctionnant à ce jour, régie par la Loi Française de 1901,

La situation de nombreuses familles était souvent précaire, les parents devaient faire face àl'éducation de leurs enfants et n'avaient généralement pas les moyens de leurs procurer des loisirs et des vacances en dehors de ceux que leurs offraient les associations dont les Vitiaz.

Offrir des loisirs sains dans un environnement moralement sécurisant, en ville l'hiver, à la mer ou a la montagne pendant les vacances d'été, tout en s'efforçant de conserver la religion, la langue, les traditions, les us et les coutumes de leur pays d'origine, tels étaient les axes d'action choisis par N.Fedoroff et ses jeunes collaborateurs, presque totalement démunis de moyens matériels mais avec de l'enthousiasme à revendre. Des groupes d'activités se créaient, principalement auprès des paroisses orthodoxes nombreuses alors àParis et en banlieue ainsi que dans les agglomérations industrielles qui employaient une importante main-d’œuvre étrangère. Des camps de vacances - mixtes déjà (une innovation pour l'époque) étaient ouverts: à Mandelieu la Napoule au bord de la Méditerranée, à Laffrey dans les Alpes (où il fonctionne à ce jour) ou àla campagne à Toury dans le Loiret Ce sont des milliers de jeunes russes enfants et adolescents, qui seront passés par ces camps entre les deux guerres. Nombreux sont ceux qui les fréquentent depuis la fin du second conflit mondial, ce sont souvent des enfants d'anciens Vitiaz.

Nés en France - terre d'asile traditionnelle, les Vitiaz se sont également développés avant guerre dans d'autres pays de la diaspora russe: en Bulgarie, Tchécoslovaquie, Allemagne, Yougoslavie, Estonie ... En France, en plus de Paris et de la banlieue, des groupes se sont crées à Grenoble, Ugine, Riouperoux, Nice, Lyon, Marseille, Belfort...

En 1939 - les Vitiaz alors en pleine expansion, sont durement touchés - tout l'effectif des "chefs" et des aînés est mobilisé et rejoint ses unités. Les camps de Laffrey et de La Napoule plient leurs tentes, toute activité cesse en province; à Paris elle se borne pour les jeunes filles à préparer des colis pour ceux qui sont au front et plus tard - prisonniers. Le contact avec les groupes à l'étranger est perdu. Avec l'arrivée des troupes d'occupation les Vitiaz n'ayant plus aucune activité patente échappent aux mesures d'interdiction qui frappent le mouvement scout.

C'est semi-clandestinement, sous couvert de la dénomination de "Centre d'hébergement pour enfants menacés par les bombardements aériens" qu'un semblant d'activitéest maintenu à Toury, où effectivement des dizaines d'enfants vivent à l'abri des bombardements et plusieurs jeunes échappent au S.T.O. C'est àToury pendant cette période trouble que se forment parmi les adolescents les cadres qui permettront dès la Libération de redéployer l'activité des Vitiaz en France.

 

La fin des hostilités, plus tard la guerre froide, ont modifié l'attitude de la plupart des réfugiés qui se rendaient compte qu'il n'y avait plus d'espoir d'un proche retour au pays. Bon nombre d'entre eux décidaient de carrément tourner la page et de jouer pleinement la carte de l'intégration (près de 200.000 s'étaient déjà fait naturaliser), mariages mixtes aidant, ils prenaient leur distance avec ce qui restait de la diaspora, laquelle se voyait renforcée par une nouvelle vague de "personnes déplacées" originaires de Russie. Si pour une grande partie il ne s'agissait que d'un transit avant de partir plus loin, aux Etats-Unis ou ailleurs, d'autres prenaient racine et cherchaient à s'intégrer. Certains, tant parmi les "anciens" que les "nouveaux", ont choisi une voie médiane - tout en cherchant l'intégration dans la société française ils souhaitaient conserver leurs traditions familiales: religieuses et nationales et les transmettre à leurs enfants. Dès lors la mission des Vitiaz avec sa devise "Pour la Russie, pour la Foi" était toute tracée - avec moins d'ampleur que précédemment, mais se guidant des mêmes principes en adaptant son programme aux nouvelles exigences, il fallait poursuivre l'action.

La dernière décennie a vu d'importants changements en Russie, la disparition de l'U.R.S.S., la chute du mur et la levée du rideau de fer ont ouvert de nouvelles perspectives pour les Vitiaz. Les voyages, les échanges rendus possibles, ont permis de se rendre compte que les valeurs qui ont étéà l'origine de leur mouvement ne sont pas étrangères pour ceux qui souhaitent donner une éducation religieuse et civique aux enfants et adolescents aujourd'hui en Russie. Dans maints endroits les programmes d'activités et les règlements des camps des Vitiaz sont accueillis avec enthousiasme et commencent àêtre mises en pratique, parfois avec l'aide de Paris, parfois avec les moyens propres. Certes les 70 années qui ont précédé la "Perestroïka" ont laissédes traces, la spécificité des problèmes et les conditions locales font que sauf de rares exceptions on ne peut pas parler encore d'identité totale entre les "Vitiaz de Paris" et ceux de telle ou telle ville Russe. L'Association n'ayant pas les moyens nécessaires matériels et humains pour contrôler et diriger le mouvement en Russie, elle se borne à un rôle de conseil et se réjouit de chaque initiative qu'elle aura inspiré. De nombreux Vitiaz se rendent régulièrement en Russie, certains y travaillent dans des entreprises françaises.

Il est important de souligner que dès leur création les Vitiaz ont été un mouvement totalement indépendant, refusant toute obédience, toute inféodation à quelque organisation, mouvement ou parti politique.

Après le décès de son fondateur en août 1984, son fils cadet André  devint le chef des Vitiaz. Il proposa de changer les statuts de manière à faire élire un nouveau chef tous les 5 ans. Dès lors l'association a été présidée par André SCHMEMANN - de 1985 à 1995, par Wladimir DELAROFF de 1995 à 1999, le 1 Janvier 2000 Mademoiselle Nathalie SCHMEMANN, élue par l'Assemblée Générale, prend la présidence, et en 2005, c’est Serge RUNGE qui lui succède. Depuis 2010 c'est Alexis Selezneff qui préside l'association.



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